Bande-annonce de HOLD-UP

 

 
 
Patrick O’Neil a découvert l’héroïne à San Francisco. «Hold-Up» est son premier ouvrage, non publié aux États-Unis à ce jour mais qu’il nous paraît urgent de partager avec vous. Les Mémoires de cet auteur «extrême , sous haute tension» sont une fuite en avant désespérée sur fond d’histoire d’amour toxique et aliénante. «Hold-Up» n’est pas sans évoquer un «À bout de souffle» version côte Ouest, corrigé par Abel Ferrara période «Bad Lieutenant». Adoubé par deux parrains de référence, Rob Roberge et Scott Phillips, voici un livre coup de poing et un auteur à suivre. Une vie en noir à découvrir d’urgence! HOLD-UP sort le 20 mars en librairie. –13e Note Editions
 
 

 
 

Si Patrick O’Neil ne nous dit rien sur sa vie actuelle, ni au sujet de son entrée en écriture, il parle sans concession et nul apitoiement, de ce qui fût sa vie d’héroïnomane dans les années 1980-90 à San Francisco. Des petits larcins amateurs aux braquages de banque pour subvenir au besoin tyrannique de drogues, aux effroyables crises de manque, il dit tout de cette vie de junkie aux côtés de sa compagne d’alors, Jenny, elle aussi toxico.

Deux choses frappent à la lecture de ce récit autobiographique : d’abord ces propos bruts, sans atermoiement, n’offrent aucune prise au romantisme noir qui souvent accompagne ce genre de mémoire d’un camé, ni ne cèdent à l’héroïsme ténébreux du braqueur. L’affect de l’auteur est d’avantage tourné vers les copains disparus suite au shoot de trop que vers sa personne de toute façon, et Patrick O’Neil alignent les chapitres clairs, concis et ultra précis d’une longue descente personnelle et criminelle qui ne prendra fin qu’à son arrestation, avec sa petite-amie, un après-midi du 25 juin 1997. Scène d’arrestation qui ouvre brillamment le livre d’ailleurs, nous prenant à la gorge et coupant l’herbe sous le pied à tout désir de happy-end.

Egalement contre toute attente, ici pas de (re)montage cut-up comme l’affectionnent le émules de W.S. Burroughs, en vérité peu ou pas d’effets d’écriture, si ce n’est un style à la serpe – hautement méticuleux et détaillé – qui démontre bien, page après page, que s’il ne vient pas rendre des comptes Patrick O’Neil entends quand même bien regarder son lecteur droit dans les yeux : Voici ce que j’ai été, voilà ce que j’ai fait ! Il offre au passage à ce dernier une fenêtre sur le quotidien des paumés du Frisco de l’époque et le phénomène musical punk rock de la côte Ouest.

Avec Hold-up son tout premier roman chez 13e Note, Patrick O,Neil frappe fort, frappe juste, et parvient à se raconter en évitant l’ego trip ou, pire, la confession morale. Au sortir de ce récit autobiographique on souhaite que l’auteur revenu de cet enfer opiacé voudra bien nous en offrir la suite au plus vite.

On attends donc fermement d’autres perles noires – comme ses souvenirs – portées par cette écriture franche et directe comme un revolver en train de vous braquer! –FNAC.com